Parentalité et dépendances

Les ressources

Entrevue avec l’équipe PIAF du Centre de réadaptation en dépendance de Chaudière-Appalaches

Le 17 juillet 2013 - Par CRDM-IU - Admin

Des nouvelles du programme PIAF dans la région de la Beauce, Québec

Entrevue avec Michel Larochelle, directeur général et l’équipe du PIAF du CRDCA nous parlent de expérience qui se déroule chez eux depuis le mois de mars 2011.

M. Larochelle, quel est le besoin d’un tel programme dans votre région?

  • Le programme PIAF permet de rejoindre une clientèle qui ne fréquenterait pas normalement notre établissement. En plus de rejoindre des adultes dans un contexte de parentalité, le PIAF nous permet de travailler avec des enfants de parents consommateurs à l’aide d’outils structurés et adaptés aux besoins de ces familles. Il n’existe, pour l’ensemble du réseau des services sociaux, que très peu de programmes d’intervention destinés à la clientèle des 6 – 11 ans, toutes problématiques confondues.

 

Quelle est la force d’un tel programme pour votre établissement ?

  • En dehors des retombées sur la clientèle, le PIAF apporte des impacts positifs pour l’établissement : le rehaussement de l’expertise des intervenants, le maillage avec les partenaires dans le recrutement ainsi que le reaching out de nouvelles clientèles en besoin de services. De par sa structure, ce programme permet de recevoir des familles complètes dans nos murs et ainsi observer in vivo, les personnes et le fonctionnement familial.  Enfin, le PIAF propose au-delà de l’apprentissage, un moment pour observer et dépister et au besoin d’agir précocement ou de référer ces familles vers d’autres ressources selon leurs besoins.

 

Questions à l’équipe clinique du PIAF

Quels sont les défis d’intervention avec un programme de cette nature ?

  • Accompagner les familles afin qu’elles mettent en pratique et intègrent de nouvelles façons d’être, de communiquer et de structurer la vie familiale d’une manière interactive, tout en ayant une attitude compréhensive, exempte de jugement et respectueuse du bagage familial de chacune d’elles, c’est tout un défi! Cela demande des connaissances élargies afin d’être au fait des problématiques présentes dans le développement de l’enfant, de la dynamique familiale et intervenir avec tact. Il faut être alerte afin de repérer des problématiques qui nécessiteraient un suivi et de les référer au bon endroit. Enfin, maintenir le recrutement actif sur une durée de 3 ans et sur un territoire aussi vaste que Chaudière-Appalaches constitue également un défi.

 

Quel beau coup avez-vous réalisé jusqu’à présent?

  • Améliorer la cohésion familiale, la qualité de leur vie autant individuelle, familiale que sociale de la clientèle. Nous avons reçu des remerciements soulignant l’amélioration des relations au sein des familles, la diminution de conflits et de la détresse ressentie par les parents. Certains enfants nommaient que les rencontres leur ont permis d’avoir de meilleures relations avec leurs pairs. Enfin, nous sommes témoins, à chaque session, de beaux moments où les familles se ressoudent, se rapprochent, parviennent à mieux se comprendre. Elles repartent soulagées, fières et heureuses et surtout plus unies.

 

Qu’y a-t-il d’original dans ce contexte d’intervention pour vous ?

  • L’approche communautaire du PIAF, comme par exemple le fait de faire des soupers avec l’ensemble des familles, nous sort de notre contexte habituel. Elle demande un arrimage efficace de l’équipe afin d’échanger des informations sur le vécu à la fois de l’enfant, du parent, tout en observant la dynamique familiale et ainsi permettre de pratiquer l’intervention la plus pertinente, adaptée et efficace au sein du système familial.

 

Quelle est la pertinence d’un programme comme le PIAF dans un contexte de réadaptation en dépendances ?

  • Le programme a sa place, car, de par sa mission, il permet entres autres de prévenir la répétition de comportements à risque, tel que la consommation de tabac, alcool et drogues. Il vient pallier à certaines carences, manques ou encore compléter ou renforcer des aptitudes parentales et habiletés sociales, de communication et relationnelles qui ont pu, en cours de route, avoir été brouillées par un historique de consommation passé ou actif. Enfin, il se déroule dans un milieu accueillant, dans un contexte neutre et ainsi susceptible de favoriser une ouverture qui ne pourrait avoir lieu entre d’autres lieux, voire d’autres institutions.

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